Censure : des influenceuses assignent Facebook en justice

Suite à une énième censure, quatorze influenceuses suivies par plus d’un million d’abonnés sur Instagram, assignent Facebook au Tribunal de Justice de Paris. Le but de cette action est de contraindre le géant du net à dévoiler ses méthodes de modération. Des méthodes, qui, selon elles, conduisent bien trop souvent à la censure.

La libération de la parole

Depuis le #Metoo, force est de constater que Facebook, Instagram ou Tweeter ont donné la parole aux victimes. On dénonce aujourd’hui aisément les crimes ou agressions passés sous silence depuis des années. Grâce à cette libération de la parole, on a enfin pu quantifier l’étendue du mal qui rongeait nos sociétés, permettant de sortir des carcans patriarcaux. Ces victimes qu’on a cachées, ignorées, dénigrées toutes ces années, ont désormais l’opportunité de se faire entendre. Tout ceci, bien souvent se fait avec l’aide d’associations et mililtantes féministes. Après toutes ces années dédiées à la « protection » des coupables, on écoute désormais les victimes. Devant la lenteur judiciaire, il faut maintenant compter sur le tribunal public des réseaux sociaux. Cela permet de rendre « justice » à toutes ces voix anonymes, étouffées durant toutes ces années.

Les censures incompréhensibles

Cependant, malgré cette avancée spectaculaire sur la libération de la parole des victimes, nous faisons face à une censure incompréhensible. Rappelez-vous celle du tableau de Gustave Courbet,  » L’origine du monde « , censurée à cause du sexe féminin. Autre censure, les photos de nue artistique postées par l’avocate Juliette Katz ( plus connue sous le pseudonyme @Coucou les girls et qui comptabilise presque 600 000 abonnés). Ses photographies avaient pour but de montrer la beauté de tous les corps, même ceux ne répondant pas aux diktats de la minceur. Visiblement, Instagram ne fut pas du même avis.

La cause de cette colère

Le 21 janvier 2021, c’est une nouvelle censure d’Instagram qui a fait monter la colère de ces quatorze influenceuses. En cause, la publication d’une question : « Comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer ? ». C’est la question que la militante féministe Mélusine a posté sur Twitter, lui valant ainsi la fermeture de son compte. D’autres militantes féministes ont posté cette même question, mais cette fois-ci sur Instagram. La sentence fut la même que sur Twitter ; la fermeture des comptes.

Mais pourquoi une telle censure ?

Selon ces mêmes réseaux, cette phrase irait à « l’encontre des règles de la communauté ». Elle aurait été supprimée pour cause de « discours et symboles haineux ». Twitter, comme Instagram ont finalement rétabli les comptes supprimés prétextant une erreur de modération. Ce retournement de situation est-il du à la vague d’indignation qui en a suivi ? Ce qui est sur, c’est que cette nouvelle censure est celle de trop, celle qui a fait débordé le vase. En effet, selon le compte @preparez_vous_à_la_bagarre, qui pointe du doigt le sexisme ordinaire dans les médias, bons nombres de publications sont censurées dès lors que le mot « homme » apparait. Ce que l’on ne comprend pas, c’est ce deux poids deux mesures des modérateurs. D’un coté, on censure aisément un célèbre tableau de Maître, ou bien encore des phrases dite un peu trop « féministe ». D’un autre coté, on laisse, sans aucune intervention des modérateurs, des photos violentes, à caractère pornographique ou encore des messages à caractère haineux ou sexiste sans aucun problème.

Finalement, il est vrai que dans ces conditions, le mieux serait de rendre public les méthodes de modération. Lever le voile sur ces règles ne pourrait être que bénéfique pour tout le monde. On saurait, de cette manière, clairement à quoi s’en tenir. La réponse ne se fera pas entendre avant le 12 mai prochain, date à laquelle l’audience est fixée. Face à la censure, nous sommes de tout coeur avec ces quatorze courageuses influenceuses qui osent assigner Facebook en justice.

WhatsApp : ses nouvelles conditions d’utilisation

La notification de WhatsApp annonçant la mise en place de ses nouvelles conditions d’utilisation a eu l’effet d’une bombe. Le géant du Net n’a eu d’autre choix que de faire marche arrière suite à la perte de millions d’abonnés.

Des nouvelles conditions d’utilisation

Début janvier, les utilisateurs de la célèbre plateforme de messagerie WhatsApp, dont la maison mère n’est autre que Facebook, ont été avertis d’une nouveauté. Beaucoup ont découvert une notification WhatsApp relative à la mise à jour des nouvelles conditions d’utilisation et de la politique de confidentialité. En effet, à partir du 8 février 2021, WhatsApp partagera les données de ses utilisateurs (pseudo, adresse IP, numéro de téléphone et informations relatives aux appareils des utilisateurs). Ces informations seront transmises à Facebook, même si l’on ne possède aucun compte sur le réseau social. Contrairement aux précédents changements ayant eu lieu en 2016, le refus de ces nouvelles conditions d’utilisation entraînera la suspension du compte.

Un délai supplémentaire

Suite à cette annonce, WhatsApp a perdu des millions d’abonnés. Par conséquent, ils n’ont eu d’autre choix que de faire marche arrière. Ils repoussent donc ces changements au 15 mai, afin de « rassurer » leurs clients. Le problème majeur, c’est l’utilisation des données personnelles par Facebook. Beaucoup sont inquiets et se méfient de ce que l’entreprise pourrait en faire. C’est bien cela qui jette une ombre sur WhatsApp. De plus, en Europe, le règlement général sur la protection des données (RGPD) empêche de rendre obligatoires de tels changements. La confusion sur cette mise à jour a même entraîné l’ouverture d’une enquête par les autorités italiennes.

Telegram et Signal, les gagnants de l’annonce

WhatsApp : ses nouvelles conditions d'utilisation-Twelve Magazine
WhatsApp : ses nouvelles conditions d’utilisation-©Twelve Magazine

Telegram et Signal, deux autres services de messagerie cryptés et connus pour leur discrétion quant aux données des utilisateurs, ont ainsi vu leur nombre d’abonnés augmenter de façon très nette. Ainsi, Telegram a gagné 5 000 000 d’utilisateurs. Signal est passé de 240 000 téléchargements la semaine précédent l’annonce, à plus de 8 000 000 cette semaine. Signal a bénéficié d’un coup de pub incroyable grâce au tweet du célèbre Elon Musk. Le créateur de PayPal et de Tesla a invité ses followers à télécharger l’application.

Mais pourquoi de telles modifications ?

Si WhatsApp souhaite imposer ses nouvelles conditions d’utilisation, c’est dans le but d’unifier l’expérience de l’utilisateur sur ses principales applications que sont Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp. L’objectif est d’offrir de nouvelles options à ses comptes business de manière à ouvrir la voie à des entreprises souhaitant vendre des produits ou services au travers de l’application. C’est d’ailleurs exactement ce qu’il se passe sur les autres réseaux. Le but principal est de rentabiliser l’acquisition de WhatsApp datant du 19 février 2014, qui avait coûté à Mark Zuckerberg la bagatelle de 22 milliards de dollars, dont 17 milliards en actions Facebook.

Le problème du partage des données personnelles

Nos informations personnelles sont sans cesse récoltées et, pour la grande majorité, revendues. C’est le cas quand on participe à un sondage sur internet ou dans la rue par exemple, ou quand on nous demande d’accepter les cookies sur les sites. Tout est récolté, analysé et utilisé pour de faire de nous de purs clients. Ces mêmes données peuvent aussi servir à influencer une campagne électorale. On se souvient notamment de la polémique lors de l’élection de Barack Obama et de celle de Donald Trump. L’autre risque, et pas des moindres, c’est le vol de ces données. Avec des sociétés privées qui les gardent, cela peut s’avérer dramatique quand elles sont utilisées à mauvais escient. On pense aux numéros de carte bancaire, aux données d’état civil, etc.

Pour l’instant, avec WhatsApp, nous bénéficions d’un sursis de trois mois. Mais plusieurs questions se posent. D’une part, est-ce que l’Europe va finalement autoriser WhatsApp à imposer ses nouvelles conditions d’utilisation ? D’autre part, allez-vous les accepter ou préférez-vous changer d’application ? N’hésitez pas à partager vos avis dans les commentaires.