PFW Haute Couture P-E 2022 : Schiaparelli, Dior & Azzaro

Hop hop hop, la haute couture toque à la porte ! Alors entre deux cours et du baby-sitting, je me suis dit que cette semaine, j’allais tenter de vous proposer un petit récap’ des meilleures collections dévoilées sur la journée. Votre Jeannette nationale met donc ce mois-ci les petits plats dans les grands, et vous partage son avis aiguisé (évidemment) sur les moments de la PFW à ne pas rater. Pour ce lundi 24 janvier, j’appelle au tableau Schiaparelli, Dior et Azzaro Couture !

Schiaparelli

Déclaration d’amour à Daniel Roseberry, vous êtes un génie. Si vous n’y comprenez rien à la mode, jetez un oeil à ce défilé. Tout y était : des jeux de volume, de texture, de couleurs en clair-obscur. Un sens du détail, une histoire, un savoir-faire. Une poésie qui vous emporte. Que c’était beau. Que c’était brillant, autant pour l’oeil que pour le coeur. La femme Schiaparelli est une femme frondeuse, exubérante. Elle flirte avec la folie, mais attention, cette idylle n’est pas dénuée de sens. Extra-lucide, cet amour surréaliste vous parle et vous chamboule. 

« Une ère de discipline », tel est le nom donné à cette collection à la colorimétrie stricte : noir, blanc, doré. Une base restreinte qui n’a pourtant pas asséché l’imaginaire du créateur. Les silhouettes sont massives et pourtant incroyablement subtiles, les trompe-l’œil à la chaîne en étant les plus fiers ambassadeurs. Amour pour les baguettes de pain plaquées or, improbables, et délicieusement absurdes. L’occasion pour Roseberry d’également réinterpréter les classiques de son répertoire : le squelette, le bustier aux allures de plastron romain, les seins coniques ou encore le travail d’ornementation fantaisiste. On a aussi pu y voir une leçon de gravité et de graphisme, avec des silhouettes qui questionnent encore notre sens de l’équilibre. Second amour pour cette robe « cage à bijoux », confectionnée (on ne sait comment) avec des lanières de cuir moulées d’or, tout bonnement grandiose. Et ces manches en cerceau aux couleurs d’Apollon, ce chapeau aux dimensions olympiennes, enveloppé de tulle : divins. C’était déraisonnable. Majestueux. Et désormais culte. 

Dior 

Bon, ce n’était pas transcendant. J’ai l’impression d’avoir revu de nombreuses silhouettes d’autres défilés plus anciens. La redondance n’est jamais bon signe. Mais elle est ici symptomatique d’une maison qui a du mal à se renouveler. Je crois que le message est passé. Maria Grazia Chiuri maîtrise l’art du drapé et du tailleur bar. Et après ? J’aime cette créatrice, profondément. J’aime ses revendications, ses idées, sa vision, et même son grand khôl noir. Mais chez Dior, rien ne va plus. Pourquoi cette collection ressemble à celle d’une collection automne-hiver ? C’est fade. C’est mort. Comme un plat préféré qu’on aurait trop dégusté, et dont on a fini par se lasser. Les faits sont là : tous les looks se ressemblent. On parle tout de même de 64 tenues, il y aurait normalement de quoi exprimer une vision, une créativité intime. 

Alors je vous le concède, les allures sont épurées, chics. Les tombés des vestons et capes sont parfaits. Les robes sont équilibrées, j’ai même deux gros coups de cœur pour les looks 21 et 63. Mais cette douceur est dangereusement apathique. Je me suis moi-même surprise à rêver de l’ère Galliano, où Dior irradiait véritablement. Aspirer au passé n’est que mauvais présage. Pour ceux qu’ils veulent comprendre, allez découvrir les créations de JG, et faites la comparaison. Plus rien ne vibre chez Dior, plus rien ne nous étonne. On s’y ennuie. C’est un bien triste constat. Si la maison ne change pas vite de cap, nous risquons toutes et tous de quitter le navire, pour de bon. 

Azzaro

Je suis étrangement conquise par Azzaro. C’est intelligent, cela fait fi du genre, ça brille comme il faut. On y retrouve une certaine forme de fluidité, qui se devine à travers le casting autant que le vêtement. Les allures semblent effrontément simples, mais gorgées de charisme. Amour pour ces tailleurs irisés, métallisés, brodés ou autrement ornementés, ils promettent des allures folles, autant pour l’homme que pour la femme. Les looks 3 et 18 : juste sublissimes. Les tons sont subtils et hautement désirables : caramel, vert sapin et ce bleu russe, Bon Dieu ! Amour aussi pour les découpes des robes du soir, habilement ajourées, légères. Pas de faux pas pour Olivier Theyskens, c’est une collection juste et lumineuse. Rien à ajouter. 

Day 1 de la PFW, on y est ! On se retrouve demain pour de nouveaux décryptages

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