Stop au Asian Hate

La semaine dernière, trois fusillades ont eu lieu près d’Atlanta en Géorgie (États-Unis). Parmi les huit victimes décédées, six femmes étaient d’origine asiatique. Cet évènement tragique a été perçu par beaucoup comme un attentat terroriste envers la communauté asiatique des États-Unis. Depuis, le hashtag #StopAsianHate prend de l’ampleur et de nombreux témoignages dénonçant des actes de haine affluent.

Un racisme latent envers les Américains d’origine asiatique

Mardi 16 mars, des fusillades perpétrées par un homme blanc de 21 ans ont été dirigées contre trois salons de massages. Alors que le suspect affirme avoir « agi sans mobile raciste », il est toutefois perturbant de constater que sur huit morts, six d’entre elles étaient d’origine asiatique. En tout cas, l’évènement a troublé et suscité beaucoup de réactions, notamment sur les réseaux sociaux. Depuis, le mouvement « Stop Asian Hate » ne cesse de grandir. Même au-delà des frontières américaines, on peut voir de nombreuses vidéos montrant des personnes se faire bousculer à terre ou frapper au visage.

Ben Crump, avocat connu pour représenter les proches de George Floyd : 
« Les meurtres tragiques d’aujourd’hui à Atlanta réaffirment la nécessité d’agir et de protéger TOUTES les minorités marginalisées d’Amérique contre le racisme ».

L’indignation est grande et de nombreuses voix s’élèvent, notamment parmi les célébrités. Lana Condor, Daniel Dae Kim et d’autres encore font part de leur horreur face à ces images, et apportent leur soutien à la communauté asiatique en Amérique. Lors d’un rallye à Pittsburgh, munie d’un mégaphone, l’actrice Sandra Oh a appelé à se soutenir les uns les autres et a réaffirmé : « Ma place est ici ! ». Le président américain Joe Biden a, quant à lui, déploré que ces personnes soient « attaquées, harcelées, blâmées et utilisées comme boucs-émissaires ». Il a notamment ajouté que « notre silence est une forme de complicité », et ainsi ordonné la mise en berne des drapeaux en l’honneur de la mémoire des huit personnes décédées durant l’attaque.

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Un phénomène qui prend de l’ampleur

L’ampleur du phénomène a notamment pu être constaté grâce au rapport de l’organisation à but non-lucratif Stop AAPI Hate (Asian Americans and Pacific Islanders). Dans ce dernier, il est rapporté que près de 2800 agressions racistes ont été dénoncées par des Américains d’origine asiatique depuis le 19 mars 2020. Si ce déferlement de haine n’est pas nouveau, il a néanmoins été exacerbé à la suite de la pandémie. Souvent accusés d’être responsables de la pandémie et victimes de préjugés, les Américains d’origine asiatique sont pour certains une cible facile.

La rhétorique du président sortant Donald Trump n’a pas aidé. Alors qu’il parlait comme tout le monde du coronavirus, il s’est mis par la suite à écrire des tweets d’où ressortaient les expressions « virus chinois » et « kung flu ». Selon les militants antiracistes, son discours aurait alimenté un ressentiment envers la communauté asiatique. De fait, l’ex-président aurait cherché à détourner les regards de sa gestion de la pandémie, lui qui au début en minimisait les conséquences, afin que d’autres personnes soit blâmées à sa place. Dans un article du Point, Frank H. Wu, professeur à l’école de droit de Hastings de l’Université de Californie, rappelle que les maladies ont longtemps été baptisées selon leur origine géographique. Mais, dans ce cas « ce qui est important, ce n’est pas la motivation. Ce sont les conséquences. Et ces mots comptent, car c’est un moment de tensions extrêmes ».

Parce qu’il faut s’en rendre compte, voici des exemples d’actes violents qui ont été recensés : un collégien frappé vingt fois à la tête par un camarade lui sommant de « rentrer » en Chine, un homme de 52 ans poussé à terre ayant reçu dix points de suture, des personnes qui enlèvent leur masque pour tousser au visage des Américains d’origine asiatique.

Suite aux récents évènements, de nombreuses marches ont été organisées. La sénatrice Mazie Hirono, membre du parti démocrate et elle-même d’origine japonaise, a proposé une nouvelle législation qui permettrait d’accorder la priorité et d’accélérer l’examen des crimes haineux liés au virus. En France, quelques personnalités se sont également exprimées et de nombreux témoignages ont fait état d’actes de violence gratuites avec le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus.

Comme l’a si bien dit Shonda Rhimes dans un tweet: « But it shouldn’t have to be personal to know it’s wrong. Speak up. Hashtags are nice but actions save lives ». (Il n’est pas nécessaire que ce soit personnel pour savoir que c’est mal. Exprimez-vous. Les hashtags, c’est bien, mais les actions sauvent des vies). Que vous soyez victime ou témoin, n’hésitez pas à en parler et à reporter l’incident. Si vous le souhaitez, notre rubrique « Courriers du cœur » vous est ouverte. En tout anonymat, vous pouvez exprimer ce que vous ressentez ou vous pouvez simplement utiliser l’espace commentaires.

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